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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse) : conférences, formations dans les domaines de recherche suivants : (école inclusive, approches conceptuelles du handicap, surdité, etc...)
Je suis actuellement administrateur d'une association régionale de formation en travail social

mercredi 7 février 2018

si le ministre disait ...

Si le ministre disait ...


Si le ministre déclarait aujourd’hui que la demande d’inclusion à l’école pour les élèves en situation de handicap était excessive, qu’il vaudrait mieux en ralentir le rythme, et qu’il serait pertinent de développer des moyens spécialisés dans des structures spécialisées, il est vraisemblable qu’il donnerait satisfaction à de nombreux professionnels et organisations qui œuvrent dans le champ de l’éducation des enfants en situation de handicap.

Il satisferait de nombreux enseignants qui sont véritablement encombrés de l’injonction d’accueillir dans leur classe des élèves en situation de handicap. Malgré l’injonction présente dans la loi de refondation de l’école de la République de 2013, ils sont encore nombreux à considérer que les élèves en situation de handicap n’ont pas de place légitime dans leur classe, et ceci pour de nombreuses raisons : les élèves n’auraient pas le niveau requis ou ne pourraient l’atteindre, les enseignants ne sont pas préparés et n’ont pas de formation pour ce type d’élèves, etc.

Il satisferait certains responsables d’établissement scolaires et des cadres du système éducatif (inspecteurs) qui ne savent pas comment faire pour concilier cet accueil qu’ils estiment pourtant incontournable avec des moyens toujours insuffisants pour mettre en œuvre cet accueil dans des conditions satisfaisantes (concernant la formation des personnels, les tailles des classes, les moyens spécifiques).

Il satisferait certaines familles d’enfants non handicapés qui considèrent encore qu’un enfant handicapé ralentit le rythme de la classe et qui préfèreraient pour leurs enfants une confortable scolarisation « entre-soi ».

Il satisferait aussi nombre de professionnels des institutions et services du secteur médico-social, qui considèrent qu’une scolarisation inclusive des enfants handicapés, qu’ils ont toujours connue ou pensée en tant qu’éducation et soins dans les murs de l’institution, présente un risque, voire un danger, pour le développement ou le bien-être de ces enfants, qui ne pourraient trouver protection et conditions satisfaisantes de vie que dans un environnement séparé.

Il satisferait aussi certains responsables d’établissements, dont les institutions se sont fondées et fonctionnent sur des prestations de services complets (pédagogiques, éducatifs et thérapeutiques) répondant à ce qu’ils estiment comme besoins pérennes des enfants qui font vivre leur institution.

Peut-être encore satisferait-il d’autres professionnels, d’autres institutions, d’autres acteurs. Il est normal qu’une révolution comme la perspective d’une société inclusive et d’une école inclusive pour des populations qui rencontrent des situations de handicap déclenche des résistances dans les représentations, les actions et les modalités de réponses. Cela ne fait en définitive que mettre en évidence l’écart important et persistant entre les approches conceptuelles reconnaissant aujourd’hui les droits des personnes handicapées et les principes universels des droits humains et les anciennes représentations, parfois profondément ancrées, qui ont fait fonctionner le monde d’avant et qui guident toujours les réponses de nombre de personnes. Cela met en évidence aussi que travailler au développement de l’inclusion est un « sport de combat ».

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