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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse) : conférences, formations dans les domaines de recherche suivants : (école inclusive, approches conceptuelles du handicap, surdité, etc...)
Je suis actuellement administrateur d'une association régionale de formation en travail social

vendredi 10 février 2017

Un élève en situation de handicap = 1

1 élève en situation de handicap = 1 ?

Parfois il est égal à 0. Lorsque l’établissement scolaire refuse de l’inscrire, ou fait une inscription inactive, alors même qu’il est présent au collège dans un dispositif spécifique d’une unité d’enseignement d’un établissement médico-social. Aux yeux de l’administration scolaire, et au-delà aux yeux des acteurs scolaires, il est hors jeu, hors liste d’élèves, oublié, comme s’il était en visite dans l’établissement alors qu’il y est présent au quotidien. En principe les derniers textes réglementaires (2016) lèveront cette hypothèque afin que les élèves, y compris ceux qui bénéficient d’un service ou d’un établissement médico-social, puissent prétendre enfin à l’accès à leurs droits à « part entière ».

Mais paradoxalement, parfois le cours de l’élève en situation de handicap peut être plus élevé : là il est égal à 2, voire 3 élèves ordinaires.


Cela commence par les nombres préconisés pour les dispositifs collectifs (classes) : avant que cela ne soit des dispositifs ouverts pour favoriser l’inclusion, les classes fermées de type CLIS voyaient leur nombre limité à 12. Comme si l’on ne pouvait faire la classe à plus de douze élèves  handicapés réunis, là où l’on était censé pouvoir faire la classe à 25 ou trente élèves « ordinaires », même lorsque cet ordinaire-là comporte des élèves difficilement gérables ou en difficultés d’apprentissage, voire en échec scolaire. Et que dire de certains dispositifs de classes des établissements médico-sociaux (en particulier dans les établissements pour jeunes sourds ou jeunes aveugles, où il n’est pas rare de voir des groupes classes inférieurs à 6). Dans ces différentes situations, la valeur marchande d’un élève en situation de handicap est nettement supérieure à 1 !

On l’a souvent vu aussi lorsqu’il s’agissait de négocier la présence d’élèves en situation de handicap dans les classes de l’Education nationale. Là, pour les différents acteurs, l’élève en situation de handicap devrait compter pour plusieurs élèves « ordinaires ». Dans mes différentes expériences professionnelles, j’ai entendu jusqu’à : « 1 élève sourd = 5 élèves entendants ». Alors même que parfois, ces élèves sourds n’avaient pas de problèmes majeurs d’apprentissage scolaire (en dehors de la maitrise de la langue écrite) et qu’ils pouvaient bénéficier d’une interprétation en langue des signes tout au long des cours.

En dehors des effets pervers et délétères que ce genre de comptage produit pour les élèves en question, il est à remarquer que la valeur des élèves en situation de handicap croît lorsqu’il s’agit d’une charge (organisation d’une classe, participation aux classes de l’établissement scolaire) et diminue lorsqu’il s’agit de droits (inscription dans l’établissement scolaires). Cette situation bien évidemment ne fait que contribuer à la reproduction de la ségrégation et de la discrimination dont font l’objet les élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires.


Considérer ces élèves « à part entière » requiert d’établir l’équation : 1 élève en situation de handicap = 1 élève non handicapé ; et de doter ces élèves bien évidemment des moyens d’accessibilité et de compensation nécessaires.

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