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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse) : conférences, formations dans les domaines de recherche suivants : (école inclusive, approches conceptuelles du handicap, surdité, etc...)
Je suis actuellement administrateur d'une association régionale de formation en travail social

mardi 13 décembre 2016

lectures : Eloge de la faiblesse

Eloge de la faiblesse (Cerf, 1999) et Le métier d'homme (Seuil, 2002) d'Alexandre Jollien

Il existe aujourd'hui de nombreuses publications, ouvrages ou articles, sur la gestion, l'organisation et le management des établissements et services qui accueillent ou accompagnent les personnes en situation de handicap. Plus rares sont les publications qui tentent des approches anthropologiques (sociologiques, psychologiques, ...) des situations vécues par les personnes ayant des déficiences ou des troubles, et qui tentent de rendre compte des points de vue et des réalités que vivent ces personnes, et dont ne parlent pas, le plus souvent les ouvrages de la première catégorie. Plus rares encore sont les véritables "témoignages" des personnes vivant différentes situations de handicap.
Parmi ceux-ci, il y a Alexandre JOLLIEN, dont je recommande ici deux des  premiers ouvrages, pas très récents, mais toujours d’actualité.


Alexandre Jollien, qui a une « infirmité motrice cérébrale », est philosophe, et présente sa réflexion philosophe sur sa situation présente, et celle qu’il a connue dans un centre spécialisé. Et au-delà de sa situation personnelle, est réfléchie la situation de tous ceux qui sont en situation de « faiblesse » par rapport aux « normaux ».

Avec ses outils de philosophe, de Socrate à Nietzche, il jette un regard lucide et constructif sur ce qu’il vit, et sur ce qu’il a vécu dans le centre spécialisé où il a été éduqué, toutes les richesses et les obstacles qu’il a rencontrés, sur sa vie de personne en situation de handicap dans le monde, avec les regards et toutes les représentations existantes et stigmatisantes.

Voici un extrait du deuxième ouvrage : « Je suis un anormal. On l’a dit, assez. Je l’ai senti. Les mouvements des yeux qui passent à l’examen chaque parcelle de mon être me l’apprennent ; tel regard fixe le mien puis descend, là précisément où se trouve la preuve qu’il recherche : « il est handicapé ». Parcours des yeux, quête insistante du talon d’Achille, de la faiblesse… Ce que la plupart des gens perçoivent, c’est l’étrangeté des gestes, la lenteur des paroles, la démarche qui dérange. Ce qui se cache derrière, ils le méconnaissent. Spasmes, rictus, pertes d’équilibre, ils se retranchent derrière un jugement net et tranchant, sans appel : voici un débile. Difficile de changer cette première impression, douloureux de s’y voir réduit sans pouvoir s’expliquer. Le dialogue est impossible car ce qui vient d’un débile est débile. Ainsi le cercle se ferme, le contact devient impossible. »

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