biographie

Ma photo

J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse).
Je suis actuellement administrateur d'une association régionale de formation en travail social

mercredi 9 novembre 2016

Un plaidoyer pour la ségrégation

Un plaidoyer pour la ségrégation

Depuis quelques semaines, il y a une certaine effervescence dans les Instituts Nationaux de Jeunes Sourds ou de Jeunes Aveugles (INJS ou INJA). La raison en est que ces établissements, qui ont à l’heure actuelle un statut très particulier, soient soumis aux mêmes règles que les autres établissements médico-sociaux, y compris ceux qui accueillent les jeunes sourds ou jeunes aveugles. Ceux-ci sont sous la gouvernance des ARS (Agences Régionales de Santé), alors que les INJS et INJA, s’ils sont bien financés à environ 60 % sous responsabilité des ARS, sont hors de leur responsabilité, le reste de leur budget (celui de l’enseignement) provenant d’un financement d’Etat (qui n’est pas celui de l’Education nationale). Et il semblerait qu’aujourd’hui, les pouvoirs publics veuillent mettre les INJS et INJA au régime commun.


Notons que dans ce régime commun, il y a une particularité, celle d’un financement de l’enseignement par l’Assurance Maladie, sous responsabilité de l’ARS, ce qui ne peut manquer d’étonner dans le paysage (national et européen) d’une école inclusive.

L’intersyndicale se met vent debout contre cette évolution (voir ASH n° 2977, du 30 septembre 2016). Au-delà de la crainte d’une diminution de moyens, il y a semble-t-il une volonté de maintien d’un statu quo quant à la manière d’accompagner les jeunes sourds et jeunes aveugles dans leurs modalités de scolarisation, basée sur le principe d’une scolarisation spécialisée séparée. Si aujourd’hui un certain nombre de classes des INJS sont externalisées sous le statut d’Unité d’Enseignement dans des établissements de scolarisation, ce n’est qu’au prix d’une ségrégation marquée par la référence de scolarisation non pas aux organisations de l’Education nationale, mais à celles de ces Instituts rattachés au Ministère des Affaire sociales et de la Santé.

« A partir d’un état des lieux consensuel, ce travail de concertation doit permettre d’élaborer un protocole d’accord sur l’évolution du dispositif de scolarisation des jeunes sous la responsabilité des Affaires sociales » déclare l’intersyndicale.

A la lecture de cette déclaration, on peut penser que le souhait reste bien le maintien et la « bonne » organisation de la scolarisation des jeunes sourds et des jeunes aveugles dans cette filière à part, gérée par les services du Ministère des affaires sociales. Il faut reconnaitre qu’il y a des enjeux professionnels, les enseignants relevant de ce Ministère n’étant pas reconnus par l’Education nationale.

A l’heure où l’on se préoccupe tant de l’école et de la société inclusives, voici une position qui constitue, en définitive, un véritable plaidoyer pro-domo d’une situation et d’une société ségrégatives, dans un statu quo ségrégatif d’une scolarisation hors du système commun, nonobstant tous les textes sur la collaboration entre les deux systèmes, Education nationale et médico-social. Il s’agit quand même là d’une anomalie au regard des évolutions en cours. Qui aura le courage politique de mettre un terme à cette anomalie ?


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire